Archives de Catégorie: PRESSE ECRITE

Parier sur le recrutement en ligne

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Article publié dans le “Go Bac +5: le guide des opportunités de carrières 2011″.

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S’intégrer avec succès

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Combler les attentes des recruteurs

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«Mes BD sont très terre-à-terre, très Québec, quasiment très Ahuntsic»

Jacques Grenier

Bédéiste québécois résidant dans le quartier Ahuntsic, Michel Rabagliati est devenu célèbre grâce à son personnage et alter ego «Paul». Toujours limpides, les titres de ses albums comme Paul à la campagne ou Paul à Québec, abordent en fait des sujets bien plus complexes comme la mort ou la vie de couple, le tout teinté d’une pointe d’humour. De quoi certainement réconcilier les adultes et la bande dessinée.

Déjà lauréat de nombreux prix au Québec et dans les alentours, son talent est maintenant reconnu jusqu’en France. Michel Rabagliati fait partie de la sélection officielle du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Un des plus grands évènements du monde de la BD, qui se déroule du 28 au 31 janvier. Entretien.

Vous faites partie de la sélection officielle du festival d’Angoulême pour l’album Paul à Québec. Vous avez déjà gagné de nombreux prix, mais en quoi celui-ci serait différent pour vous?

Ca dépend de l’ampleur du festival. C’est l’un des plus anciens. Il a grossi, et est devenu le plus grand festival de BD du monde. Ici, il n’y a rien de tel. Le simple fait d’être sélectionné est déjà un événement en soi, car il n’y a jamais eu de BD québécoise à la sélection officielle. C’est le fun de voir qu’il y a une bande dessinée québécoise qui a passé la barrière.

Parlons un peu de votre parcours. Vous avez travaillé dans le graphisme, l’illustration publicitaire et éditoriale. Comment êtes-vous finalement arrivé à écrire votre première bande dessinée?

C’est un rêve que je caressais depuis que j’étais enfant. Dans les Cégeps graphisme, tous les gars ont envie de faire de la BD, et les filles des contes. Ici au Québec, au niveau éditorial dans la BD, il n’y a plus grand-chose. Il n’y a plus rien pour publier une page ou deux dans un journal. Maintenant, il faut tout de suite faire un grand livre. Et ça demande de l’énergie. Il faut du courage. Et puis, l’illustration est un métier très créatif, je me suis beaucoup amusé dedans. En 1998, je me suis remis à la BD, car j’y pensais encore.

J’ai bien fait d’attendre, d’être mûr, peut être d’avoir un enfant. C’est dans le quotidien que j’ai trouvé mon inspiration: la vie de couple, les enfants… Mes BD sont très terre-à-terre, très Québec, quasiment très Ahuntsic. J’aime rester près de chez moi et montrer ma ville. Je suis admirateur de ma ville.

Vos Bandes dessinées ont été traduites en anglais, en espagnol, en italien, en néerlandais et en allemand. Travaillez-vous sur certaines de ces versions?

Je contrôle l’anglais avec une traductrice. Je relis ce qu’elle fait. On s’amuse ensemble, avec l’anglais. Mais les autres non, je laisse aller. Les éditeurs travaillent à partir de la BD anglaise, cette version est déjà tournée vers l’international, donc il n’y a pas de problèmes de compréhension.

Cela vous étonne-t-il que les aventures de Paul, très ancrées dans le Québec, parlent aussi à des Espagnols, des Néerlandais etc.?

Non, parce que les sujets sont universels. Par exemple, l’album Paul à un travail d’été parle des colonies de vacances. Il y en a partout. Quand ça devient plus québécois, peut être que c’est moins évident. Sinon les sujets sont universels comme la perte d’un proche ou la grossesse. Des sujets bien banals et d’intérêt général.

Les titres sont toujours très simples aussi, pourquoi?

C’est un gag avec les Tintin et les Martine. Les titres des BD étaient souvent comme ça dans les années 1950 et 1960, très premier degré. Mes lecteurs ont compris. Ce ne sont pas des livres pour enfants, c’est un peu trompeur. Par exemple, l’album Paul à Québec, ne raconte pas l’histoire de Paul qui se balade à Québec, c’est plus complexe que ça.

Vous avez illustré la pochette du dernier CD de Mes aïeux intitulé La ligne orange, vous continuez donc à pratiquer d’autres activités?

Je ne prends officiellement plus de commandes en illustration. Je suis à un tournant de ma carrière. Il y a un intérêt pour ce que je fais. Je participe à des conférences de presse, des expositions… Mes aïeux, c’était un projet spécial, tellement charmant et tellement libre, un cadeau du ciel. Ce n’était pas comme une commande pour un magazine. J’étais très libre artistiquement.

Vos BD sont clairement autobiographiques, je suppose que le choix des prénoms était donc très important. Comment avez-vous procédé?

Dès le début, j’ai changé le nom de tout le monde par respect des gens. Par exemple ma blonde Carole, je préfère l’appeler Lucie. Je suis plus à l’aise et elle sait que ce personnage n’est pas exactement elle. Par contre, j’avais laissé le vrai nom de ma fille, puis je l’ai changé. Comme cela je suis plus libre.

Quels sont vos projets?

En ce moment, je travaille sur une autre BD. Ça occupe pas mal mon temps. J’écris à peu près une page par jour. C’est le septième album. Je ne sais pas encore le titre. J’attends aussi l’avis de l’éditeur, mais ça sera encore surement Paul «fait quelque chose…».

Article publié le 16 janvier 2010 dans le Courrier Ahuntsic (Montréal).

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L’avenir du livre

Photo: Martin Alarie

Jusqu’au 3 janvier la librairie Monet présente une exposition intitulée Le livre imaginé. Cinq artistes originaires du Canada, des États-Unis, de la France et du Mexique ont créé des œuvres autour du thème de l’avenir du livre. Peinture, sculpture et œuvre multimédia deviennent autant de façons d’imaginer son futur.

Anne-Pascale Lizotte, directrice artistique de l’organisme Diffusion aire libre est l’instigatrice de ce projet. Elle a eu l’idée de réunir des artistes très différents autour d’un même thème. Face à l’émergence de la technologie, certains voient l’avenir du livre menacé. Anne-Pascale Lizotte pose donc cette question: «De quelle manière le livre sera-t-il appelé à se redéfinir?»

La directrice présente en ces mots les artistes qu’elle a choisis: «Cara Barer, Photographe américaine, s’attarde à l’évolution physique du livre qui devient sculpture, tandis que les livres sculptés de Guy Laramée deviennent paysage et que les œuvres de Jean-Marc Godès, photographe plasticien, viennent faire écho au questionnement soulevé par l’exposition». Aux côtés de ces artistes, Anne-Pascale Lizotte a aussi décidé d’y joindre «deux voix de la relève»: «Gabrielle Laforest, jeune peintre qui réfléchit au rapport entre peinture et écriture et Estela López Solís qui propose deux œuvres vidéo répondant à l’angoisse et à l’incertitude inévitables liées à la mutation du livre».

Lise Bissonnette qui a été pendant 11 ans à la présidence de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, a été choisie comme porte-parole de l’exposition. Pour elle, toutes les peurs autour de la disparition du livre et une telle exposition montrent «comment le livre est devenu une valeur universelle». Cependant, Mme Bissonnette dit ne pas faire partie de ceux qui pensent que le livre va disparaître avec le numérique. «L’important est que le sens demeure, qu’on écrit encore des livres, qu’internet ne tue pas tout», explique-t-elle. C’est d’ailleurs pour cela que les artistes ont travaillé sur le livre «imaginé», une notion à ne pas confondre avec «imaginaire». Il ne s’agit pas de surréalisme, tous les livres de ces artistes appartiennent au réel.

Cette exposition est un vent d’air frais et permet de sortir de la vision manichéenne du tout numérique ou du tout papier. En effet, peu importe la forme que prendra le livre, Lise Bissonnette est persuadée que «s’il doit vivre, ce sera pour des raisons liées à son sens et non aux sens».

Article paru le 26 décembre 2009 dans Le Courrier Bordeaux-Cartierville (Montréal).

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Mille cinq cents pieds carrés d’aire libre

Martin Alarie

Discours, art et petits fours ont rythmé la soirée d’ouverture de l’atelier de création de l’entreprise culturelle « Diffusion aire libre ». L’organisme a dévoilé son espace de 1500 pieds carrés, au 9150, rue Meilleur, à Ahuntsic. Il est entièrement dédié à la production d’artistes de la relève.

Christine St-Pierre, députée de l’Acadie a ouvert le bal. Elle s’est réjouie du coup de pouce de 74 285$ donné à Diffusion aire libre dans le cadre du programme d’aide à l’entrepreneuriat, volet relève: Art et culture à Montréal. Une aide qui s’ajoute à celle reçue par la Corporation de développement économique communautaire Ahuntsic-Cartierville, d’une valeur de 20 000$. Une aventure qui démarre plutôt bien pour cet organisme culturel indépendant, créé tout juste cet automne. «Cet argent va servir à financer l’installation de l’atelier, les matériaux pour les artistes, les expositions et les salaires», a expliqué Anne-Pascale Lizotte, créatrice de l’entreprise, lors de l’ouverture officielle.

L’organisme souhaite promouvoir la littérature, l’éducation et les arts, en proposant un atelier où les artistes de la relève pourront créer et exposer leurs œuvres. Un espace que Mme Lizotte décrit comme un «lieu d’expérimentation, d’audace et de création». Quatre artistes en art visuel, un musicien et un graphiste font déjà partie de cette aventure.

Gabrielle Laforest, 30 ans, est une des artistes de Diffusion aire libre. Originaire du quartier Ahunstic où elle a vécu pendant 22 ans, elle est une artiste peintre qui aime mêler peinture et écriture. Elle est étudiante en maîtrise d’art visuel à l’UQAM. Pour elle, sa présence à l’atelier de création est le fruit d’une relation de longue date. «J’ai fait une exposition il y a trois ans à la librairie Monet et c’est là où j’ai rencontré Anne-Pascale Lizotte, puis elle m’a approchée pour ce projet», a raconté la jeune peintre. Cette collaboration lui permettra d’avoir un endroit pour peindre, présenter ses œuvres et jouir de toutes les ressources nécessaires au développement d’un artiste. Mais surtout, Gabrielle Laforest insiste sur le fait que c’est le projet en soi qui l’a attirée: «Cet espace donne la chance a plusieurs artistes de travailler ensemble, c’est agréable pour l’échange», a-t-elle ajouté.

Les artistes qui souhaitent faire partie de Diffusion aire libre doivent envoyer un porte-folio à l’organisme qui se réunit ensuite en comité pour sélectionner les meilleurs dossiers. Les responsables ont des projets plein la tête pour régaler les amateurs d’art, dont une exposition sur l’histoire du jazz à Montréal et une autre sur le lien entre la danse et la littérature. L’entreprise lancera même, au courant de l’automne 2010, un concours sur le thème «votre vision du quartier Chabanel». On peut retrouver toutes ces informations sur le site internet (www.airelibre.ca).

Article publié le 21 novembre 2009 dans le Courrier Ahuntsic (Montréal).

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Raconter la guerre avec des mots d’enfant

 

 

C’est une écrivaine native de Bordeaux-Cartierville et maintenant installée à Rosemont, qui a gagné le prix TD 2009 de littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse. Organisée par Le Centre canadien du livre jeunesse et le Groupe Financier Banque TD, la cérémonie a récompensé le livre Chère Traudi d’Anne Villeneuve.

Illustratrice de métier, Anne Villeneuve travaille depuis 24 ans pour plusieurs maisons d’édition, des journaux et des magazines. Déjà lauréate du prix en 2005 en compagnie d’un écrivain, elle savoure cette fois une récompense qu’elle a gagnée seule en tant qu’écrivaine et dessinatrice. «Ça donne une visibilité au livre, il va être plus poussé en avant dans les bibliothèques, les librairies…», explique l’auteure.

Ce livre lui tient particulièrement à cœur. «Cet ouvrage a été un plus grand défi, car je n’avais jamais travaillé sur un sujet sérieux». Chère Traudi est inspiré de l’histoire vraie de Kees Vanderheyden. Un homme qu’Anne Villeneuve a réellement rencontré. Celui-ci lui a raconté sa vie sous l’occupation et comment les Allemands ont occupé sa maison en Hollande. Il lui a aussi parlé de Traudi, une petite Allemande recueillie par sa famille après la guerre et dont il a perdu la trace. Dans ce livre, Anne Villeneuve, imagine la première lettre qu’écrirait Kees Vanderheyden à Traudi s’il la retrouvait. Pour Anne Villeneuve, ce livre est aussi un prétexte pour raconter la Seconde Guerre mondiale à travers les yeux d’un enfant. «C’est intéressant de voir comment un enfant se forge sa propre vision sur la guerre», insiste-t-elle. En effet, au cours de ce livre le petit narrateur comprend que tous les Allemands ne sont peut-être pas méchants et que des gens souffrent des deux côtés.

L’originalité de ce livre ne tient pas qu’à son histoire, mais aussi aux illustrations. En effet, Anne Villeneuve a effectué un vrai travail de recherche pour que ses dessins collent le plus possible à la réalité. «Cela a été tout un travail de recherche de références historiques, j’avais toute une bibliothèque sur la seconde guerre mondiale». Un travail qui, au milieu de ces autres obligations, lui a pris cinq ans.

Mais Anne Villeneuve ne s’est pas arrêtée là. Elle a poussé le perfectionnisme jusqu’à écrire le livre à la main, au crayon de bois, comme si c’était une vraie lettre. C’est donc sa propre écriture qui défile tout au long du roman. «J’ai même laissé les ratures pour imiter l’idée de l’écriture dans le flux du moment», explique l’écrivaine.

Pour l’anecdote, après l’écriture de ce livre, Kees Vanderheyden a réellement retrouvé Traudi, soixante ans après l’avoir perdue de vue. Anne Villeneuve, pense se servir de son prix de 25 000$ pour continuer de créer et de concrétiser ses autres projets. En attendant, son livre Chère Traudi, est toujours disponible en librairie.

Article publié le 19 novembre 2009 dans le Courrier Bordeaux-Cartierville (Montréal).

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