Raconter la guerre avec des mots d’enfant

 

 

C’est une écrivaine native de Bordeaux-Cartierville et maintenant installée à Rosemont, qui a gagné le prix TD 2009 de littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse. Organisée par Le Centre canadien du livre jeunesse et le Groupe Financier Banque TD, la cérémonie a récompensé le livre Chère Traudi d’Anne Villeneuve.

Illustratrice de métier, Anne Villeneuve travaille depuis 24 ans pour plusieurs maisons d’édition, des journaux et des magazines. Déjà lauréate du prix en 2005 en compagnie d’un écrivain, elle savoure cette fois une récompense qu’elle a gagnée seule en tant qu’écrivaine et dessinatrice. «Ça donne une visibilité au livre, il va être plus poussé en avant dans les bibliothèques, les librairies…», explique l’auteure.

Ce livre lui tient particulièrement à cœur. «Cet ouvrage a été un plus grand défi, car je n’avais jamais travaillé sur un sujet sérieux». Chère Traudi est inspiré de l’histoire vraie de Kees Vanderheyden. Un homme qu’Anne Villeneuve a réellement rencontré. Celui-ci lui a raconté sa vie sous l’occupation et comment les Allemands ont occupé sa maison en Hollande. Il lui a aussi parlé de Traudi, une petite Allemande recueillie par sa famille après la guerre et dont il a perdu la trace. Dans ce livre, Anne Villeneuve, imagine la première lettre qu’écrirait Kees Vanderheyden à Traudi s’il la retrouvait. Pour Anne Villeneuve, ce livre est aussi un prétexte pour raconter la Seconde Guerre mondiale à travers les yeux d’un enfant. «C’est intéressant de voir comment un enfant se forge sa propre vision sur la guerre», insiste-t-elle. En effet, au cours de ce livre le petit narrateur comprend que tous les Allemands ne sont peut-être pas méchants et que des gens souffrent des deux côtés.

L’originalité de ce livre ne tient pas qu’à son histoire, mais aussi aux illustrations. En effet, Anne Villeneuve a effectué un vrai travail de recherche pour que ses dessins collent le plus possible à la réalité. «Cela a été tout un travail de recherche de références historiques, j’avais toute une bibliothèque sur la seconde guerre mondiale». Un travail qui, au milieu de ces autres obligations, lui a pris cinq ans.

Mais Anne Villeneuve ne s’est pas arrêtée là. Elle a poussé le perfectionnisme jusqu’à écrire le livre à la main, au crayon de bois, comme si c’était une vraie lettre. C’est donc sa propre écriture qui défile tout au long du roman. «J’ai même laissé les ratures pour imiter l’idée de l’écriture dans le flux du moment», explique l’écrivaine.

Pour l’anecdote, après l’écriture de ce livre, Kees Vanderheyden a réellement retrouvé Traudi, soixante ans après l’avoir perdue de vue. Anne Villeneuve, pense se servir de son prix de 25 000$ pour continuer de créer et de concrétiser ses autres projets. En attendant, son livre Chère Traudi, est toujours disponible en librairie.

Article publié le 19 novembre 2009 dans le Courrier Bordeaux-Cartierville (Montréal).

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