L’avenir du livre

Photo: Martin Alarie

Jusqu’au 3 janvier la librairie Monet présente une exposition intitulée Le livre imaginé. Cinq artistes originaires du Canada, des États-Unis, de la France et du Mexique ont créé des œuvres autour du thème de l’avenir du livre. Peinture, sculpture et œuvre multimédia deviennent autant de façons d’imaginer son futur.

Anne-Pascale Lizotte, directrice artistique de l’organisme Diffusion aire libre est l’instigatrice de ce projet. Elle a eu l’idée de réunir des artistes très différents autour d’un même thème. Face à l’émergence de la technologie, certains voient l’avenir du livre menacé. Anne-Pascale Lizotte pose donc cette question: «De quelle manière le livre sera-t-il appelé à se redéfinir?»

La directrice présente en ces mots les artistes qu’elle a choisis: «Cara Barer, Photographe américaine, s’attarde à l’évolution physique du livre qui devient sculpture, tandis que les livres sculptés de Guy Laramée deviennent paysage et que les œuvres de Jean-Marc Godès, photographe plasticien, viennent faire écho au questionnement soulevé par l’exposition». Aux côtés de ces artistes, Anne-Pascale Lizotte a aussi décidé d’y joindre «deux voix de la relève»: «Gabrielle Laforest, jeune peintre qui réfléchit au rapport entre peinture et écriture et Estela López Solís qui propose deux œuvres vidéo répondant à l’angoisse et à l’incertitude inévitables liées à la mutation du livre».

Lise Bissonnette qui a été pendant 11 ans à la présidence de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, a été choisie comme porte-parole de l’exposition. Pour elle, toutes les peurs autour de la disparition du livre et une telle exposition montrent «comment le livre est devenu une valeur universelle». Cependant, Mme Bissonnette dit ne pas faire partie de ceux qui pensent que le livre va disparaître avec le numérique. «L’important est que le sens demeure, qu’on écrit encore des livres, qu’internet ne tue pas tout», explique-t-elle. C’est d’ailleurs pour cela que les artistes ont travaillé sur le livre «imaginé», une notion à ne pas confondre avec «imaginaire». Il ne s’agit pas de surréalisme, tous les livres de ces artistes appartiennent au réel.

Cette exposition est un vent d’air frais et permet de sortir de la vision manichéenne du tout numérique ou du tout papier. En effet, peu importe la forme que prendra le livre, Lise Bissonnette est persuadée que «s’il doit vivre, ce sera pour des raisons liées à son sens et non aux sens».

Article paru le 26 décembre 2009 dans Le Courrier Bordeaux-Cartierville (Montréal).

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